Exposition de l'été - Anne Arbus, ''Le bateau-livre''

Anne Arbus nous offre, à travers cette série de compositions peintes sur papyrus, le début de son nouveau grand sujet, "Du texte au textile, le fil de l'histoire"

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Diplômée de l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs d’Aubusson, je pratique les deux métiers de peintre-cartonnier et lissière depuis près de 20 ans.

La peinture s’inscrit donc dans ma démarche artistique comme le point de départ nécessaire à toute création tissée, comme l’est la partition à la musique jouée. Pendant des années, je n’ai peint que pour la tapisserie, considérant la première comme le « brouillon » de la seconde, qui devenait alors l’œuvre achevée.

Ma rencontre avec le calligraphe Hassan Massoudy, à l’occasion de sa performance à Figeac, dans le cadre du musée des écritures, ainsi que les partages qui ont suivi, lorsque je me suis rendue à son atelier parisien, m’ont amenée à découvrir que l’œuvre tissée se nourrit du carton peint, de la même façon que la peinture s’enrichit du travail tissé. Il existe alors une complétude entre l'un et l’autre de mes deux métiers, qui peuvent exister et s’épanouir aussi indépendamment l’un de l’autre.

C’est ainsi que je présente en expositions peinture et tapisserie, ou l’une ou l’autre séparément.

Cette exposition « Le bateau-Livre » marque le début d’un grand sujet intitulé « Du texte au textile, le fil de l’histoire », que je prépare en poésie, peinture et tapisserie. « Le Bateau-Livre » en est la composition peinte, volontairement réalisée sur papyrus, parce que tissé lui-même, du végétal éponyme. Le support entre alors pleinement dans le sujet, plus encore que la toile, il participe par sa texture à la réalisation de l’œuvre, en ce qu’il crée l’inattendu.

Il n’y a alors plus qu’un seul lien qui unifie l’esprit dans lequel je travaille, le sujet que je traite, et les médiums et supports que j’utilise. Tout se réalise comme une danse entre l’écrit, la peinture et le métier à tisser.


Anne Arbus. Le 5 juillet 2016.