Un printemps confiné, un brin de temps pour lire et se cultiver

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Un débordement de sève coulait avec des voix chuchotantes, le bruit des germes s'épandait en un grand baiser. Emile Zola



Alors voilà, quand on se retrouve chez soi à devoir tuer le temps, à devoir trouver le moyen de s'évader un peu de sa vie... on cherche un petit bouquin qui traîne et qu'on n'aurait pas lu.
En voilà quelques-uns extirpés de ma bibliothèque, qui prenaient la poussière et n'attendaient que cette occasion pour venir se placer entre mes mains.

Commençons par le gros "Germinal" d'Emile Zola. Une claque. (Et je tendrais volontiers l'autre joue pour en avoir une autre de la même puissance.) Ce roman que tous les adolescents ont au programme une fois dans leur vie, mérite vraiment d'être relu. C'est une vision de la société, du groupe, de la misère, de l'effort commun, de la rebellion, décrite par un journaliste de talent.
Je suis conquise, encore dans la mine avec les personnages, sentant les mêmes odeurs, transpirant avec eux. J'angoisse, je souffre et j'aime, comme eux. De la grande littérature, eh oui, ce n'est pas un classique pour rien!
Je ne résiste pas au plaisir de vous le citer, comme une dentelle de littérature égarée: "La salle moite avait cet air alourdi de bien-être, dont s'endorment les coins de bonheur bourgeois"

Il y a ensuite "Le cycle des robots", d'Asimov. Un pilier de la littérature de science-fiction, écrit en 1950.L'un des personnages principaux, Susan Calvin, est une "robopsychologue". Trois lois régulent la vie commune entre les robots et les humains. Mais parfois, il y des failles, et le cerveau humain des scientifiques doit faire face au cerveau positronique des robots! Le robot n'est pas idiot.
C'est un livre très amusant, qui fait réfléchir sur le monde des machines et le fonctionnement même de notre pensée humaine.

Et il y a ce livre merveilleux de Maylis de Kerangal, "Un monde à portée de main". Le parcours poétique d'une étudiante dans une école d'art et de trompe l'oeil à Bruxelles. L'histoire d'adolescents qui arrivent dans le monde des adultes. Et surtout, des descriptions poétiques, des marbres qu'on imagine à la perfection. De la beauté, de l'art. Maylis de Kerangal use de son écriture simple et sublime pour faire de ce livre un moment extraordinaire.

Dans un autre genre "Ailefroide" et "Le Loup", de Rochette. Cet auteur de bandes dessinées m'attendait et la puissance graphique de ses livres m'ont emportée en montagne. Un éloge à Soutine, dont l'auteur s'est inspiré pour retranscrire la rudesse des paysages abrupts. Je me suis sentie investie d'une envie d'escalader le monde.

Enfin, je n'ai jamais autant ri qu'en lisant ce dernier livre: "Le discours" de Fabrice Caro. Cet auteur qu'on connaît surtout pour ses bandes dessinées décrit les méandres intérieurs d'un hommes dont les pensées zigzaguent. On lui a demandé d'écrire un discours pour le mariage de sa soeur mais il n'en a pas la moindre envie, juste pas le courage de refuser. En parallèle, il y a cette rupture qui le ronge et qu'il n'arrive pas à oublier d'une seconde. Lors d'un repas de famille ennuyeux (et la description en est extrêmement drôle), tout se mélange: les sujets, les niveaux de lecture et les degrés d'humour. A lire absolument pour rire.

J'espère que comme moi, vous aurez tous déniché de petites merveilles dans vos bibliothèques à nous partager dès que la boutique sera réouverte!

Alexia